Écoles et périscolaire à Nantes

Le support de discussion

Enjeux

1. Soutenir les acteurs éducatifs en situation de souffrance : animatrices et animateurs du périscolaire, enseignant.e.s, personnel de cantine, ATSEM…

1.1 Favoriser les conditions de travail des animatrices et animateurs du périscolaire.

1.2. Faciliter la coordination entre les différentes structures éducatives (la direction de l’école, les enseignant.e.s, l’équipe d’entretien, assistant.e.s sociales, périscolaires, structures jeunesse, associations, familles…) et faire en sorte qu’elles créent ensemble – avec les parents et les enfants – un projet éducatif et pédagogique.

1.3 Favoriser les conditions matérielles d’apprentissage des enfants

2. Créer des conditions favorables au développement de l’autonomie des enfants partout où c’est possible, dans l’école et en dehors. Faire en sorte qu’à l’école et en dehors les enfants développent leur sensibilité (capacité à exprimer des émotions et à entrer en empathie avec les autres), leur jugement critique et leur capacité à agir collectivement.

3. Une école ouverte et intégrée au quartier dans laquelle elle est située.  

4. Permettre aux enfants d’être acteurs de leur ville. 

4.1 Favoriser un meilleur ancrage des enfants dans leur quartier et leur milieu naturel. 

Notre diagnostic

 

  • À Nantes à la rentrée 2019 il y avait : 20400 enfants et 750 animatrices et animateurs périscolaires
  • Changement de la délégation de service public sur le périscolaire à Nantes : Léo Lagrange (ou Léo Lagruge pour les animateurs) est le nouveau délégataire. Les animatrices animateurs du périscolaire ont fait grève à plusieurs reprises en 2018 et 2019 pour dénoncer des conditions de travail précaires et inégalitaires entre les salarié.e.s. Les salariés travaillent à mi-temps, mais sur des horaires qui permettent difficilement de prendre un autre emploi (le matin avant l’école, le midi, puis le soir), beaucoup des animateurs sont très jeunes et très peu formés, et donc souvent impuissants. Le turn-over important rend très difficile les projets sur le long cours avec les enfants.
  • Sur la coordination entre les différentes structures : 
    • Quasiment aucune prise en compte des parents et des enfants dans l’élaboration des projets éducatifs de la ville, pilotés par la mairie
    • Pas de temps d’échange entre les animateurs du périscolaire, les enseignant.e.s et autres personnes présentent dans les écoles ; méconnaissance des métiers et pratiques des un.e.s et des autres ; pourtant travaillant avec les mêmes enfants
    • Les élu.e.s de quartier siègent dans les conseils d’école pour répondre aux besoins matériels de l’école
  • Sur les conditions matérielles d’apprentissage des enfants : 
    • Dédoublement des classes en CP et CE1 pour arriver à 12 élèves par classe (dans un contexte où, à Nantes, des centaines d’enfants supplémentaires vont à l’école chaque année – 400 de plus en septembre 2019). Parfois cela se traduit par la suppression d’espaces collectifs comme la bibliothèque ou la salle informatique comme c’est le cas à l’école Jacques Prévert au Breil.
  • Conditions favorables au développement de l’autonomie des enfants : 
    • Contexte de néolibéralisation de l’école : de moins en moins de moyens pour les écoles, de plus en plus de pression pour les enseignant.e.s, de plus en plus d’évaluations des élèves qui obligent les enseignant.e.s à passer du temps à les renseigner et des inégalités qui se creusent (l’école est de moins en moins capable d’effacer les déterminismes sociaux) ; instabilité de l’institution avec des réformes qui se multiplient et parfois se contredisent. Climat particulièrement délétaire et tendu, cf. manifestations suite au suicide d’une directrice d’école qui dénonce l’éducation nationale.
    • Tendance à effacer la notion d’engagement des programmes de l’éducation nationale (individualisation des rapports)
    • Formations des enseignant.e.s limitées au français et aux mathématiques. Plus de possibilité de se former à autre chose, comme différentes pédagogies.
  • Sur l’action des enfants sur la ville : 
    • Les enfants sont peu consultés pour les transformations ou les projets liés aux écoles, mais aussi aux projets de la ville. Les espaces publics, même ceux conçus spécifiquement pour les enfants, ne sont pas conçus en lien avec eux. C’est le cas notamment des cours d’école et des aires de jeux pour enfants, mais plus largement des rues, des parcs, des lieux publics.

Nos inspirations

Nous trouvons des inspirations notamment dans :

  • École de Bouvron (Erdre et Gèvres) en terre crue, en partie avec une partie auto-construite par les enfants et les parents
  • Programmes d’enseignement moral et civique sui préconise le développement de la sensibilité, du jugement (esprit critique) et de l’engagement des enfants
  • Développement des compétences dites psycho-sociales, c’est-à-dire capacité à exprimer ses émotions (grosses inégalités en fonction des milieux sociaux)
  • Des conseils d’enfants dans des écoles ou centres de loisir pour favoriser l’autonomie des enfants : le centre de loisir de Malakoff, le lycée expérimental de Saint-Nazaire… Dans le centre de loisir, Régis Barly (ajd directeur des CEMEA) raconte qu’il avait mis en place un conseil d’enfant avec un budget participatif fait par les enfants.
  • Pédagogies nouvelles ou actives (notamment Freinet) dans des écoles comme Ange Guépin à Malakoff
  • À Rennes des cours de récréation qui permettent une égale occupation de l’espace entre les filles et les garçons, et d’atténuer la reproduction des rapports de domination (voir les travaux d’Édith Maruéjouls à ce sujet)
  • Organisation d’un débat dans le Centre social du quartier Bellevue, au sujet de l’école : gros succès qui témoigne d’une attente, en particulier des parents.
  • Thierry Paquot, philosophe urbaniste qui développe un regard sur la ville de la perspective des enfants. La ville est aujourd’hui un lieu dangereux, menaçant pour les enfants, pourtant ce sont des “chercheurs d’hors”, à la recherche d’aventures. Besoin pour les enfants de terrains de jeux pour créer de nouveaux mondes.
  • Exemple d’un parc dessiné par des adolescantes : Malmö quartier de rosengård, en Suède
  • L’association Horizome à Strasbourg : place d’un quartier populaire redessiner avec des jeux pour enfants, participation des enfants au processus
  • Les CEMEA organisent des colonies de vacances dans des fermes sans programme préétabli, mais décidé sur place par les enfants.

Nos propositions et pistes d’action

  • Soutien moral et politique aux acteurs éducatifs 
  • Sur le périscolaire
    • Fusionner le périscolaire avec le centre de loisir municipal (Accoord) dans un même quartier : pour permettre aux salarié.e.s qui le souhaitent de passer à un temps plein
    • Mettre en place une formation professionnelle pour les salariés sur périscolaire (parce que ce sont les seuls qui n’ont pas d’autre diplôme que le BAFA) : cela représenterait 3 millions d’euros sur les 60M€ de budget des deux structures [Proposition des CEMEA Pays de la Loire] Favoriser l’éducation nouvelle dans le périscolaire et le loisir
  • Faciliter la coordination entre les différentes structures éducatives (la direction de l’école, les enseignant.e.s, l’équipe d’entretien, assistant.e.s sociales, périscolaires, structures jeunesse, associations, familles…) et faire en sorte qu’elles créent ensemble – avec les parents et les enfants – un projet éducatif et pédagogique.
    • Ouvrir des espaces d’échanges entre les différents acteurs éducatifs (écoles, périscolaires, associations, parents…) afin qu’ils se coordonnent, aient des temps de partage d’expérience
    • Expérimenter l’élaboration d’un projet éducatif avec les enfants et les parents, en plus des acteurs traditionnels
  • Favoriser les conditions matérielles d’apprentissage des enfants : 
    • Des écoles qui favorisent la santé des élèves : utilisation des matériaux de construction, aération des bâtiments, stop aux îlots de chaleur dans les écoles et favoriser plutôt la verdure, les arbres, des espaces où les enfants peuvent courir, cantines bio…
    • Réduire les inégalités matérielles entre les écoles ? (vérifier si inégalités il y a)
  • Créer des conditions favorables au développement de l’autonomie des enfants partout où c’est possible, dans l’école et en dehors. Faire en sorte qu’à l’école et en dehors les enfants développent leur sensibilité (capacité à exprimer des émotions et à entrer en empathie avec les autres), leur jugement critique et leur capacité à agir collectivement.
    • Ouvrir des espaces de parole et/ou des assemblées d’école pour les enfants afin qu’ils parlent de leur vécu à l’école, qu’ils participent à la vie de l’école et son amélioration, et qu’ils développent leur autonomie collective et leur sens du collectif –> en commençant par les temps périscolaire ?
    • Adopter des méthodes de résolution de conflit par de la médiation
    • Favoriser l’accès pour les acteurs éducatifs à des formations aux pédagogies nouvelles et à la coopération (financement par la mairie du temps bénévole)
    • Favoriser les coopérations entre les associations d’éducation populaire est les écoles ou autres structures jeunesse afin que les enfants aient davantage d’espaces de parole, et d’organisation collective.
    • Repenser les cours de récréation afin qu’elles ne reproduisent pas les inégalités de genre (garçons au centre, filles en périphérie) et pour qu’elles soient davantage végétalisées et permettent aux enfants de courir. Faire redessiner les cours par des enfants, surtout par des petites filles.
  • Une école ouverte et intégrée au quartier dans laquelle elle est située : 
    • Donner la possibilité d’accueillir d’autres activités au sein de l’école pour qu’elle soit davantage ouverte sur le quartier : moments festifs, banquets, AMAP, conférences, débats, temps d’échanges, cours de jardinage, ateliers bricolage…
    • Amorcer une réflexion sur l’environnement urbanistique des écoles : piétonisation, zones apaisées autour des écoles,
    • Ouvrir des espaces de discussion et de débat au sujet de l’école, de l’éducation dans l’école ou en dehors (dans les maisons de quariter ou les centres sociaux) pour que les parents se réapproprient cette question et aient plus d’influence sur ce qui se passe pour leurs enfants dans l’institution éducative.
  • Permettre aux enfants d’être acteurs de leur ville : 
    • Faire re-dessiner les cours de récréation par les enfants, en particulier les petites filles
    • Expérimenter le fait de faire re-dessiner des places par les enfants (en particulier les petites filles) ; faire repenser les aires de jeux pour enfants par les enfants + participation à la construction ?
    • Inclure systématiquement les enfants dans les débats sur des projets d’urbanisme
    • Soutenir des projets d’enfants en partenariat avec les enseignant.e.s
  • Favoriser un meilleur ancrage des enfants dans leur quartier et leur milieu naturel
    • Donner les moyens aux enfants de mieux comprendre l’environnement dans lequel ils vivent et de développer des projets autour de cela (comment la nourriture est produite, qu’est-ce qu’elle devient ensuite, quel est le cycle de l’eau…)
    • Végétaliser les cours de récréation pour lutter contre les îlots de chaleur et re-créer du lien avec la nature
    • Développer des pratiques en lien avec la terre : potager, compost,..
    • Permettre à nouveau des colonies de vacances municipales : quid de l’achat par la municipalité ou une association de terrains pour faire du camping (en mode scout) sur le même modèle que ce que font les CEMEA (pas de programme prédéfini et autogestion des enfants).
    • Développer des projets et/ou créer davantage de liens avec les associations du quartier, la maison de quartier, le centre social, les médiatrices et médiateurs du quartier
    • Faire en sorte que les temps de périscolaire soient des temps de projets collectifs entre les enfants, des temps coopération

Ressources

Ressources externes 

 

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31 janvier 2019

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