la lutte contre les dominations

          Dans notre quotidien, au sein de notre ville, nous n’avons pas toutes accès aux mêmes choses, en fonction de qui nous sommes, de comment nous vivons, et surtout de comment nous sommes perçues.

     Nous pouvons être désavantagées par tout un tas de choses qui sont reliées à nous : notre race, notre classe sociale, notre sexe, genre, identité, notre corps, notre âge, notre grossesse, notre situation familiale, notre religion, nos opinions politiques, etc. Cette liste est non-exhaustive et peut se prolonger davantage. La question posée est la suivante : avons-nous toutes accès à ce que la ville, notre lieu de vie, serait censée nous offrir sans condition ? La réponse est non !

Comment fonctionne cette fiche ?

         Nous avons décidé dans la réflexion sur les dominations à Nantes de prendre chacun des aspects pouvant avoir un impact dans notre quotidien (notre nourriture, notre logement, l’espace public, etc.) et d’y décrypter les dominations qui s’y insinuent et qui nous empêchent de vivre comme on le voudrait.

         Pour chacun de ces aspects de notre vie, vous trouverez ci-dessous le début des réflexions autour des enjeux, de l’état des lieux de ce qui se fait à Nantes. Des initiatives qui nous inspirent ailleurs pour faire de Nantes une ville plus inclusive, et donc des propositions concrètes que l’on peut en tirer pour agir localement et prendre ces sujets en main.

Ces réflexions ont débuté dans le cadre de discussions, si vous n’êtes pas d’accord avec un point ou souhaiteriez rajouter des informations, alors on a besoin de vous ! (Si vous êtes d’accord, on a aussi besoin de vous !)

Discussions sur ce thème :

Prochaine discussion : Mardi 5 Février – 18h30 

Café de la Ribine – 25 rue Adolphe Moitié – 44000, Nantes

Commission témoins :  date à venir

Porteur•se•s de la fiche (pseudo Discord) :

  • Clémence
  • Morgane

Le support de discussion

L'espace public : ville faite par et pour les hommes

Enjeux

L’espace public comme son nom l’indique est public, et donc théoriquement accessible à tout le monde, mais malgré lui il cristallise de nombreux enjeux de dominations. Est-ce que chaque citoyen.ne a accès de manière concrète dans sa vie quotidienne quand il ou elle le souhaite à tous les espaces/quartiers/rues/parc ? Même quand on est en situation de handicap physique ou mental ? Même quand on est une personne de classe populaire ? Même quand on est une femme ? Même quand on est non-blanc de peau ? Cette non-accessibilité à des espaces peut être physique : concrètement je ne peux pas monter sur ce trottoir, ou non-matériel : je ne vais pas là-bas car on me regarde bizarrement, je ne me sens pas en sécurité dans cette rue, il n’y a personne comme moi dans cet espace alors je ne m’y sens pas à l’aise, etc.

À cause de leur surreprésentation aux postes d’urbaniste et d’architecte, la ville ne correspond qu’à un type de population.

Historiquement, l’espace public s’est construit autour du travailleur homme blanc habitant dans le centre, et aujourd’hui encore nous avons du mal à sortir de cette manière de penser et de créer la ville. Les habitant.es ne correspondant pas à ce profil “type” se sont habituées à devoir s’adapter aux horaires de bus qui ne correspondent pas à leurs horaires de boulot, aux bancs qui ne sont pas bien placés, aux commerces éloignés les uns des autres compliquant les tâches domestiques…

 

Notre diagnostic

Les constats qui peuvent être faits à Nantes sont les mêmes que dans de nombreuses autres villes. De nombreuses infrastructures sont pensées pour un but unique, skate park = sport de glisse, city stade = sport collectif. Les parcs aujourd’hui sont découpés en différents espaces où différents publics se croisent mais ne se mélangent pas. Car même si on aimerait que le city stade soit un espace où jeunes, moins jeunes, filles et garçons se mélangent, dans la réalité ce ne sont principalement que des jeunes garçons qui profitent de cet espace. Comme une sorte de privatisation de l’espace public pour un public…

Cette privatisation de l’espace public se retrouve également dans le quartier des Olivettes où certaines rues se sont vues apposer une grille et un digicode à l’entrée créant ainsi des “résidences sécurisées” pour une frange aisée de la population. Si la même chose était proposée par les habitants d’un quartier populaire cela serait vu comme du communautarisme…

Dernier exemple de diagnostic à Nantes, on a constaté l’installation récente d’uritrottoirs afin que les personnes ayant un pénis puissent uriner quand ils le souhaitent et ainsi résoudre les problèmes d’odeurs aux abords des bars. Mais en installant ce type de dispositif on légitime totalement qu’une personne urine à la vue et aux sus de tous et toutes tandis que d’autres n’ayant pas de pénis n’auront pas cette liberté. Est ce juste ? D’autres solutions ne sont-elles pas possibles ? (Voir plus bas).

Exemples inspirants

De nombreuses autres villes sont inspirantes en termes d’inclusivité de leur création de l’espace public, à Barcelone par exemple chaque passage piéton est équipé d’un feu et d’un signal sonore, de rampes et n’a pas de marches afin de permettre aux personnes malvoyantes ou ayant des problèmes de mobilité de pouvoir traverser en sécurité.

En terme de mixité dans l’espace public et les parcs la ville de Malmö en Suède a tenté de pallier à la surreprésentation des garçons dans les concertations de création du parc en créant un groupe de réflexion composé de filles uniquement. Ce qui a permis de mettre en place des infrastructures qui n’auraient pas été proposées par des garçons et de créer aujourd’hui plus de mixité dans ce parc.

À une échelle nantaise la Nizanerie dans le quartier République sur l’île de Nantes est une association de quartier qui promeut la création de lien/partage/de bons moments entre voisin.es dans l’espace public que l’on ait un logement fixe ou pas. A travers un jardin partagé, des bancs, un espace d’art de rue. Tout en réfléchissant sur cette appartenance de toutes et tous à la rue.

 

Propositions

Face à ces constats et exemples inspirants tout est donc à créer afin de rendre l’espace public plus inclusif pour chacun.e. Pour répondre à la problématique des uritroittoirs une solution pourrait être de créer un réseau de bars et cafés Nantais qui contre un dédommagement de la Mairie pourrait proposer leurs toilettes comme des toilettes publiques. Ou pourquoi pas rendre toutes les toilettes des bars publiques ? Car les toilettes sont là mais dans le domaine privée et nécessitent souvent de consommer pour y accéder…

Proposer une ville plus douce lors des déplacements pour les personnes non valides : ne pas séparer les trottoirs de la route par des angles droits mais par des pentes douces, mettre des rampes où cela est nécessaire, créer moins de frictions conflictuelles entre les voitures et les vélos/piétons.

Créer des espaces d’échanges en intérieurs non marchands qui ne nécessitent pas de payer ou d’acheter quelque chose pour y rester, venir discuter entre ami.es… Des espaces de projets en commun, de solidarité, d’espace de gratuité…

 

Logement et dominations

Enjeux

  • Accès pour toutes et tous à un logement décent et adapté à sa situation : familiale, personnes âgées, en situation de handicap….
  • Enjeux des EHPAD (Etablissement d’hébergement pour personnes agées dépendantes)  et des hébergements pour personnes en situation de handicap physique ou mentale: Les conditions de travail imposées aux professionnel.les dans ces structure ne permettent pas un respect complet des personnes y sont hébergées. Le principe même de mettre les personnes vieillissantes dans un établissement isolé du reste du monde peut être remis en cause, de nombreuses cultures sont choquées par cette manière  qu’a la France de traiter les personnes âgées.
  • Lutter contre l’isolement lié à au vieillissement
  • Enjeux de la gentrification au détriment des personnes les plus pauvres
  • Enjeux de penser des logements collaboratifs afin de créer plus de solidarités

 

Notre diagnostic

Depuis quelques années il devient de plus en plus compliqué de trouver un logement à Nantes. Cela s’explique en partie par le baby boom des années 2000, mais également par le phénomène de métropolisation (voir article de libération ci-dessous) et l’attractivité économique pour les jeunes familles actives que les précédentes politiques ont cherché à créer. Cela pose un grave problème d’inflation des prix même dans des quartiers considérés avant comme populaires et crée donc une gentrification poussant de plus en plus les pauvres loin du centre ville.

Cela remet en cause le droit à chaque personne d’être libre d’habiter où il ou elle veut sans être limité soit par des problèmes économiques, soit par la taille de leur famille, soit par leur situation de handicap (s’il n’y a pas de ligne de transport en commun accessible aux fauteuils jusque dans ce quartier..–> Voir partie transport).

 

La loi Dufflot qui imposait un encadrement des loyers depuis 2012 a été abrogée par Emmanuel Macron le 1er août 2017. Quelles conséquences pour Nantes ? (Tu as des infos la dessus ? tu veux venir les partager ?!)

 

Airbnb est de plus en plus présent en centre ville, à Barcelone comme à Venise cela à été un gros problème car il n’y avait plus d’habitant.es à l’année dans les centre villes mais seulement des touristes. Barcelone à donc choisi de le réguler /interdire afin de recréer une réelle vie de quartier quotidienne dans le centre.

 

Exemples inspirants

  • Quartier de Rezé les 3 moulins : mixité ?
  • Quartiers éco-partagés
  • Fribourg espaces partagés dans les immeubles : machines à laver, salle de séchage cela permet des économies d’énergies et de créer plus de lien entre les voisin.es
  • Réseau d’association : Du temps pour toit → cohabitation de personnes âgées et étudiant.es avec échanges de services contre une location à prix moindre
  • Projet Maison de retraite participative Titi Floris : Nantes Métropole.
  • Maison des Babayaga : une initiative privée avec achat de bâti par des femmes issue des milieux féministes des années 70/70 dans la soixantaine qui voulaient habiter ensemble et ne pas se retrouver seule chez elles.

 

Propositions

  • Créer des logements coopératif où la cuisine et la laverie sont en commun.
  • Aider au développement des habitats coopératifs intergénérationnels.
L'accès à l'énergie

Enjeux

  • Inégalités dues au prix de l’essence pour les personnes dépendantes de leur voiture
  • Précarité énergétique de chauffage dans les logements. Accès à la rénovation de l’isolation de son logement afin de faire des économies d’énergie et voir sa facture baisser. Est ce que les personnes ayant les revenus les moins élevés ont accès à ce confort énergétique ?
  • Accès pour toute.s à une énergie renouvelable ?

 

Notre diagnostic

Ville de Nantes : Diagnostic à développer (Des idées ? )

 

Exemples inspirants

Cowatt: partage de toitures solaires entre personnes ayant un toit mais pas d’argent et d’autres ayant de l’argent à investir mais pas de toit bien orienté.  

Accompagnement administratif et gestions des équipements électriques pour les citoyens ou citoyennes souhaitant équiper leur toit de panneaux solaires, mais étant rebutés par l’ampleur et la complexité de leur projet.

 

Propositions

A développer (des idées ?)

Transports et mobilités pour toutes et tous

Enjeux

  • A -t-on toute.s accès aux transports dont on a réellement besoin ?
  • Enjeu de la sécurité pour les piétons face aux voitures, transports en communs et vélo.
  • Enjeu du coût des transports pour les personnes ayant moins de revenus. Il y a un prix adapté selon les revenus ?
  • Problème du sentiment d’insécurité des femmes prenant les transports en commun notamment la nuit, on constate de plus que les femmes en ayant les moyens et qui ne sont pas motorisés avec leur vélo ou leur voiture ne prennent plus les bus ou tram mais prennent un uber ou autre marque de taxi.
  • Cela augmente donc pour elles le coût des transports, et crée un sentiment encore plus accru d’insécurité pour les femmes ne pouvant pas se le permettre à cause de la présence moins importante de femmes autour d’elles quand elles se déplacent la nuit.

Notre diagnostic

Les transports en communs sont gratuits pour les personnes ayants droits au chômage ou ayant droit à une aide de la CAF, puis définis sur le quotient familial quelque soit la situation de la personne et concerne toute la famille.  

Carte mobi acti : transport en pays de la loire.

Il existe à Nantes dans les transports des rampes adaptées pour les personnes à mobilité réduite et même des transports de mini bus spécifique. Qui peut avoir accès au mini bus ? pour quel coût ? (Plus d’informations sur ce point ?)

On constate que des espaces publics comme l’ultra centre à Commerce est ressenti pour beaucoup de personne comme un lieu dangereux lorsqu’on se déplace. Les interactions entre piétons, vélo, bus, tram et voitures entrent sont souvent compliquées. Cs espaces sont encore moins adaptés pour les personnes non valides ou ayant un rythme de marche plus lent.

Nantes est une ville plutôt en avance concernant la sécurisation des vélos grâce aux pistes cyclables séparées des routes pour voitures, même si des progrès peuvent entre être faits. L’enjeu en terme de domination se situe plutôt dans la largeur de ces pistes accessibles aux vélo cargos ou transportant plusieurs enfants. Cette charge du transport des enfants vers les différents lieux (crèche, école,  travail, pharmacie…) est encore souvent à la charge des femmes dans les tâches domestiques qui leurs sont assignées, c’est donc souvent les femmes qui à l’arrivée d’un deuxième enfant dans leur famille arrêteront d’utiliser leur vélo car les voies ne sont pas assez sécurisées pour les vélo-cargos et reprendront leur voiture pour leurs déplacements quotidiens.

 

Nantes a également récemment testé durant un été l’arrêt à la demande la nuit dans les bus afin de permettre aux personnes ne se sentant pas en sécurité pour marcher de l’arrêt à chez elles de raccourcir ce trajet. Cette initiative déjà en fonctionnement dans d’autres villes internationales (Toronto) serait une potentielle solution face au sentiment d’insécurité notamment des femmes. Mais le test n’a pas été reconduit sous conclusion que personne ne le demandait. Avec du recul on constate que peux de communication à été faite sur ce dispositif que se soit du côté des usager.es ou des conducteurs et conductrices de bus afin de savoir comment le demander. De plus le test a été effectué durant l’été moment où la population de la ville diminue face à l’arrivée des touristes et n’était possible qu’à partir de 22h30 alors que bien des femmes se sentent en insécurité avant cette heure. Une critique peut être faite à l’arrêt à la demande, car cela peut être stigmatisant, les autres passager.ères du bus savent alors que la personne à peur de rentrer seule chez elle. Mais si plus de monde l’utilise sans forcément avoir peur alors cela réduirait le sentiment de stigmatisation.

 

Exemples inspirants

Transports publics gratuits à Aubagne et en réflexion à Grenoble

 

Propositions

  • Rendre les transports publics gratuits
  • Relocaliser le travail afin de réduire le temps des transports
  • Décentraliser les loisirs et la culture afin que le transport ne soit pas un frein d’accessibilité pour les personnes habitants hors du centre ville souvent pauvres
  • Faire une nouvelle étude des usages du réseau TAN et des manques pour les personnes à mobilité réduite.
  • Remettre en place l’arrêt à la demande la nuit dans les bus.
Education et dominations

Enjeux

L’éducation est la clé de voûte de la lutte contre les dominations, elle en est parfois la cause mais aussi la solution. L’enjeu est alors de comprendre par quel moyen, l’école,  l’éducation, la sensibilisation, la formation (peut importe le mot) peut aider de manière transversale à considérer chaque être humain de manière égalitaire et nécessitant le même respect et les même droits.  

Comment sensibiliser à la bienveillance, au consentement, et prévenir le harcèlement.

Accepter les fonctionnements différents des Neuroatypique et enfants ayant des troubles psychologiques en leur permettant un accès à une éducation adaptée et de qualité.

Enjeux de former toutes les personnes travaillant dans la fonction publique à Nantes au rôle des dominations, des stéréotypes

 

Notre diagnostic

La ville est responsable des crèches, des écoles primaires, des espaces de périscolaires et des ATSEM.

Il existe également une obligation imposant à chaque établissement scolaire de définir un.e référent.e égalité qui gère les sensibilisations auprès des élèves et des projets d’établissements.

Quelles obligations aujourd’hui pour les établissements scolaires en terme de sensibilisation aux discriminations ? (Vous avez des informations ? On a besoin de vous !)

 

Exemples inspirants

Les bibliothèques sont souvent porteuses d’initiatives pour sensibiliser aux dominations :

  • Valise cliché en tous genre qui regroupe des livres aidant à déconstruire les stéréotypes filles garçons et de genre pour tous les âges. Créée par le réseau de bibliothèques du département de loire Atlantique.
  • Ludothèque ; espaces non-mixtes publics discriminations Ville de Paris
  • Bibliothèque de Strasbourg détenant un fond d’ouvrages sur le genre pour tous les âges

 

Les musées également, comme à Rouen ou les musées sont attentifs à mettre en avant des oeuvres d’artistes féminines.

Egalicrèche (http://www.artemisia-egalite.com/egalicreche-filles-garcons-sur-chemin-egalite)  observe avec les professionnel.les de la petite enfance dans les crèches les stéréotypes inconscients transmis dans leur comportement avec les enfants et les comportements stéréotypés déjà intégrés des enfants entre elles et eux. Afin de les mettre en lumière et de proposer d’autres manière d’agir non discriminantes. Elle crée une formation adaptée à chaque crèche après cette phase d’observation.

 

Propositions

  • Education hors école : spectacles, parcours éducatifs, jeux dans la ville, musées.
  • Le rôle éducatif d’un média TH/internet municipal
  • Développer l’Université populaire
  • Bibliothèques municipales et espaces d’animation culturelle gratuits
  • Former toute.s les employé.e.s de la fonction publique dont la municipalité a la charge : petite enfance, police municipale, fonction publique administrative… Et militer pour que cela soit fait dans toutes les sphères de l’éducation nationale, les professionnel.le.s de santé, de la justice….
Les activités rémunératrices

N’hésitez pas à venir à la prochaine réunion pour enrichir les réflexions sur ce sujet !

Enjeux

  • Discrimination au moment du recrutement : l’adresse/lieu de vie de la personne figurant sur le CV est pris en compte et peut jouer en la défaveur de quiconque souhaitant travailler.
  • La photographie, le nom et prénom peuvent participer à la discrimination de certaines personnes voulant travailler.

Diagnostic

Exemples inspirants

Maison de l’emploi de Rezé : accompagnement de femmes victimes de violences conjugales, facilite l’accès à une activité qui donne de la force et de l’autonomie aux personnes victimes de violences.

Propositions

L'accès à l'alimentation

Enjeux

  • L’alimentation fait partie de nos besoins primaires. Si nous n’y avons pas un bon accès, cela impacte notre quotidien, via notre santé. Avoir une alimentation diversifiée et de qualité, proche de chez nous et accessible en termes de prix, cela semble indispensable, et pourtant, beaucoup de personnes n’y ont pas accès, en fonction de leur classe sociale, de leur travail, de leur corps (handicap), etc.
  • Deux aspects sont primordiaux : avoir du temps et/ou de l’argent pour un accès à de la bonne nourriture. Les populations les plus pauvres ont trop d’heures de travail par semaine, et souvent en horaires décalés, cela empiète sur leur possibilité de consacrer du temps au sujet de la nourriture. Avec peu de moyens financiers, on achète de la nourriture de piètre qualité, et moins on a de temps, plus on achète de la nourriture prête à consommer, très transformée, et la boucle de la mauvaise qualité des aliments est bouclée.

 

Notre diagnostic

  • Les lieux de distribution avec de la nourriture de bonne qualité (circuits courts, biologiques, locaux) sont localisés dans des quartiers gentrifiés du centre ville, laissant les quartiers défavorisés en périphérie sans accès à ces produits (magasins discount, grandes surfaces).
  • La Ville fait de la communication sur son intention de donner un accès à tou.te.s à de la nourriture de bonne qualité, biologique, locale, mais inaugure des moyennes et grandes surfaces conventionnelles de type Carrefour dans les faits.
  • Il existe malgré tout des collectifs, des structures, qui tentent de pallier aux obstacles à une bonne alimentation, telles que La grande tablée, L’autre cantine, ou Food not bombs. Ces initiatives sont faites par et pour les personnes qui n’ont habituellement pas accès à de la nourriture bien préparée et d’origine un peu plus sûre que des produits LIDL.

 

Exemples inspirants

  • Cuisines collectives au Québec : des personnes d’un même quartier se retrouvent pour cuisiner ensemble une fois par semaine, cela permet une mise en collectif des produits bruts, la préparation, cuisson et transformation des produits, pour que chacun.e puisse ensuite rapporter de la nourriture prête à consommer chez lui ou elle. Cela rend possible la réduction des coûts, une création de lien, du partage de recettes, du troc de produits.
  • Bar à lait en Pologne
  • Cuisines partagées dans les immeubles de certains pays tels que la Chine ou le Japon. Sur le principe des laveries partagées dans les sous-sols d’immeubles citadins en Amérique du Nord, les appartements individuels ne possédant pas de cuisine, il en existe une grande partagée par les voisin.e.s qui peuvent cuisiner collectivement, ce qui aura les mêmes effets bénéfiques que les cuisines collectives au Québec.

Propositions

  • Avoir des espaces et du matériel pour cuisiner en collectif, transformer et redistribuer en prenant en compte les personnes qui ne peuvent pas se déplacer, qui n’ont pas le temps de participer.
  • Et si on consacrait moins de temps que 35-40h par semaine à une activité rémunératrice, activité qui nous permet d’acheter de la nourriture prête à être consommée, et qu’au lieu de ça on donnait un peu de ce temps à la production, transformation, préparation de notre nourriture? On serait moins rémunéré.e en argent mais cela serait compensé par de la nourriture en nature. Participer collectivement à la production de produits comme les légumes, les céréales, les légumes secs, à leur transformation, leur stockage, en fonction de nos capacités à chacun.e, cela permettrait de se concentrer sur un élément essentiel de notre vie, et on aurait tou.te.s accès à une nourriture de meilleure qualité, ce qui diminuerait les inégalités en termes d’alimentation.
La santé et les corps à travers les dominations

Enjeux

  • Précarisation de la santé, inégalités croissantes : les démarches d’accès aux soins ne sont pas adaptées à toutes les populations, complexité administrative, cadre lourd et élitiste de prise de rendez-vous, avec une exigence de mobilité motorisée en horaires classiques, ce qui discrimine sur beaucoup de plans.
  • Violences médicales teintées de discriminations sur de multiples aspects nous concernant : corps, sexe, genre/identité, sexualité, poussent les personnes à rompre le lien du soin, à faire du nomadisme, cela a un impact négatif sur comment on se soigne.
  • Désavantages dans la prise en compte des symptômes et du diagnostic quand on est une femme : socio-historiquement considérée comme émotionnelle, hystérique dans la manière de communiquer les souffrances.
  • Problème d’accès rapide à des soignants spécialistes tels que les gynécologues, avec des délais d’attente moyens de plusieurs mois.
  • Inégalités en lien avec les frais médicaux de certains soignants, dépassement d’honoraires en fonction de la localisation géographique et de l’offre de soins disponible à cet endroit là.
  • Illégitimité des médecines alternatives, qui empêchent les personnes de se soigner correctement en fonction de leurs besoins, de leurs spécificités…

Notre diagnostic

  • Nous ne disposons pas librement de notre corps, notamment juste avant notre mort (problématique de l’euthanasie en jeu) et après notre mort (marchandisation des obsèques et de l’inhumation).
  • Nous avons le Planning Familial 44 qui tente du mieux qu’il peut d’accueillir et de soigner les femmes, de les accompagner dans leur planification familiale, leur contraception, en s’adaptant à tous types de population.
  • Solidarités Femmes tente de prendre en charge les femmes victimes de violences.
  • Existence d’une ligne téléphonique d’urgence pour les femmes victimes de violences.
  • Projet en construction depuis 2017 : centre post-traumatique pour personnes très vulnérables en termes de santé psychologique.
  • Accès beaucoup plus simple aux toilettes publiques quand on est un homme avec les Uritrottoirs, ce qui semble aberrant considérant que les femmes ont beaucoup plus besoin d’un accès aux sanitaires, du à leurs menstruations.

Exemples inspirants

  • Martin Winckler : médecin généraliste qui défend une vision différente de la relation soignant-soigné. Selon lui, le soigné apporte tout autant d’informations pertinentes pour prendre en charge sa santé que le soignant.
  • Centre NOSIG : permet d’accueillir toute personne, peu importe son sexe, son genre, son identité, sa sexualité, et de prendre en compte ses spécificités de santé, les discriminations en lien avec leur corps et la médecine.
  • Ateliers non-mixtes pour femmes, personnes trans, pour parler de soin, d’auto-formation autour du soin, telles que les auto-examens gynécologiques, pour pallier aux délais d’attente pour une consultation médicale.
  • Au Royaume-Uni, possibilité de se faire inhumer et enterrer écologiquement, sous un banc, un arbre, dans la forêt.
  • Il existe des initiatives d’inhumation alternative en France, elles restent encore très marginales.

Propositions

  • Meilleure formation du corps médical : aux spécificités de santé, aux parcours d’accès aux soins pour un meilleur accompagnement qui empêcherait la rupture du lien de soins. Formation pour une relation patient-soignant différente : une écoute bienveillante du soigné, une prise en compte de sa souffrance, une possibilité de mieux se saisir de son corps et de sa santé.
  • Remobiliser les associations locales pour créer un centre post-traumatique effectif pour tou.te.s.
  • Créer une régie funéraire pour que chacun.e aie la liberté de disposer de son corps, peu importe sa condition de vie, ses moyens.
  • Un partenariat ville-bars/cafés pour que chacun.e puisse avoir accès à des toilettes proches.
Loisirs

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Justice

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Administratif

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Numérique

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Communauté et mixité

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Ressources

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Ressources externes : 

Yves Raibaud, une ville faite pour les garçons, 2014 https://lejournal.cnrs.fr/billets/une-ville-faite-pour-les-garcons

Immobilier : pierre de contrastes, dans libération, par Tonino Serafini,  7 janvier 2019

https://www.liberation.fr/france/2019/01/07/immobilier-pierre-de-contrastes_1701542

Abrogation de la loi Dufflot le 1er août 2018 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032949481&dateTexte=20170731

 

 

Commission des témoins

Si vous pensez à des témoins qui pourraient enrichir la réflexion ! Faite le nous savoir sur la discussion discord ou par email. 

Prochaines
discussions

Mardi 5 Février 2019 – 18h30 

Café de la Ribine – 25 rue Adolphe Moitié – 44000, Nantes

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